« Un avenir s’il vous plaît, pas trop cuit. »

Les études. Si vous n’y baignez plus, vous vous en souvenez probablement. Rappelez-vous cette immense « usine » et ses interminables couloirs que vous sillonniez autrefois. Vous lambiniez sur les sièges de l’amphithéâtre sans culpabiliser de ne pas avoir suivi le cours. Pour 400 euros l’année, j’aurais dormi volontiers.

Vacciné, diplômé, endetté

Mais si comme moi, à 24 ans, vous êtes déjà fauché avant même d’avoir eu le temps de l’être – accablé par une dette mirobolante qui vous donne nausées et vertiges chaque matin, dites vous bien que le vrai bourbier reste à venir. Pourtant, la galère, ça vous connaît. Vous avez manqué quatre années consécutives d’aides de la bourse, – vous calculez rapidement – soit la modique somme de 18 000 euros. Un montant à cinq chiffres parti en fumée du fait que votre école, pour laquelle vous vous êtes volontairement ruiné, n’accepte tout simplement pas les élèves boursiers (bienvenue dans le privé). Et voilà comment vous venez de publier le premier tome de votre cauchemar.
Vous multipliez les petits boulots, vous videz même les poches de Papa-Maman, sans qui vous ne seriez pas allé bien loin.

Adieu crédibilité

Vous vous remettez subitement en question, pourquoi avoir choisi cette école ? Médiocre, en passant. Oui, pourquoi ? Pour un avenir incertain dans le… hum… pardon, journalisme ? Bon, pour ce qu’il en reste à y faire… Entre la presse papier qui se casse la gueule, le bite-caca de Cyril Hanouna et autres phénomènes de foire, l’art de remplir le vide sur les chaînes d’information en continu, ou se fendre la poire avec Jean-Marc derrière les micros d’Europe 1, j’hésite encore.

« Abandonner ses rêves pour gagner sa croûte » 

Cette formation payante est la seule option envisageable pour vous permettre d’acquérir un minimum de pratique. Malgré ce mauvais départ, vous avez bon espoir pour les années à venir. Vous vous voyez déjà partir à l’aventure autour du globe. Caméra à l’épaule, carnet en main et la tête bien accrochée, vous voici fin prête pour l’investigation. Et puis, pouf ! Le retour à la réalité et le deuxième tome de votre saga : les grands rêves sont à ranger dans un tiroir. C’est donc cela « faire des concessions » ? Abandonner ses rêves pour gagner sa croûte comme le bon petit soldat que nous sommes.

Au-delà de toute cette infortune, vous vous persuadez qu’il y a une autre option. Une issue de secours que l’on emprunterait dans les pires moments de la vie, loin des regrets et des mauvais choix. Comme dirait Hubert dans La Haine :

« L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »

Par Esther Lallier

Une réflexion sur “« Un avenir s’il vous plaît, pas trop cuit. »

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