Fary charrie à Paris

Le dandy de la punchline est sous le feu des projecteurs. Après son succès au théâtre Antoine, à Bobino et à la Cigale, Fary s’enjaille sur la scène du Point Virgule. Un one-man-show à vous faire pleurer de rire, entre vannes tordantes et improvisations thug.

Ex-bébé du Jamel Comedy Club, Fary Lopes Brito est déjà, à 24 ans, le nouveau chouchou de la scène du stand-up. Je suis allée voir l’une de ses représentations à Montparnasse. A la fois enthousiaste et légèrement perplexe (la peur du vu-et-du-revu), j’ai fini par être la dinde de la salle. C’est simple, après deux heures de spectacle, j’avais l’impression d’avoir couru un marathon tant mes abdos me faisaient mal.

Fary fait son entrée sur la scène avec quelques sketchs mythiques comme celui du legging. Il jongle avec l’improvisation comme un jongleur joue avec ses quilles. Il se moque des femmes, des hommes, vous confie des bouts de sa vie, et soudainement vous parle du racisme et de l’esclavage. Fary réussit à nous faire rire de tout sans jamais plomber l’ambiance.
Il prend le monde comme il est, s’assume du haut de ses dreadlocks jusqu’à la pointe de ses chaussures. L’autodérision, évidemment, il en abuse – comme tout artiste qui se respecte.

« Je me fais des chignons, je porte des bijoux. Et les gens s’étonnent quand je leur dis que je ne suis pas gay ! »

Avant-gardiste dans l’âme et un brin prétentieux, s’il y a bien une chose dont il est fier, c’est son style. Ose le traiter d’hipster, et tu le regretteras toute ta vie ! Il l’avoue, il aime piquer aux femmes leurs accessoires, sans pour autant se la jouer Drag Queen. S’il ne peut pas se vanter de révolutionner le monde de la scène, ce qui est sûr, c’est qu’il en impose. (Exit la gueule d’ange de Baptiste Giabiconi, Lagerfeld a sa nouvelle égérie)

Fary doit son succès à lui-même et à sa prof d’histoire, qui a toujours revendiqué son talent d’improvisation. Pendant trois ans, ils bûchent ensemble sur son one-man-show. Il passera même une année aux cours Florent. Finalement, la magie de la vanne opère : Fary met le feu aux planches partout où il va (sauf en Algérie où il fait un bide). Comme quoi, faire le clown en cours, ça paye.

Par Esther Lallier

Crédit photo : Julien Weber

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